RizHome, des bâtiments en roseaux

A Saint-Nolff, près de Vannes en Bretagne, une petit maison en roseaux est récemment sortie de terre. Un caprice d’architecte ? Non, il s’agit là d’un nouvel exemple prouvant qu’un autre bâtiment, à faible impact sur l’environnement, performant et esthétique, est possible.

La construction en roseaux ne date pourtant pas d’hier : remontons environ 5000 ans en arrière, en Mésopotamie (aujourd’hui l’Irak), où les sumériens vivaient dans des maisons en roseaux entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate. Aujourd’hui, après plusieurs années de sécheresse et la reconstitution des marécages, des communautés locales des marais, soutenues par l’ONG « Nature Irak », réinvestissent ce type d’habitat traditionnel.
La construction en roseaux existe par ailleurs dans bien des endroits du monde, et naturellement dans les zones humides. En France, au début du 20ème siècle, les cabanes en roseaux servaient à la fois d'habitat temporaire et d’outil de travail aux pêcheurs, des Bouches-du-Rhône aux Pyrénées-Orientales. Sur la cordillère des Andes en Bolivie, les maisons flottantes construites par les Uros, peuple autochtone vivant sur le lac Titicaca, sont entièrement construites avec des roseaux poussant le long des rives.
Quoi de plus censé alors que d’utiliser des matériaux locaux, et donc particulièrement adaptés à leur environnement immédiat ?

De nos jours, les bâtiments construits avec des matériaux locaux relèvent plutôt de l’inhabituel. Des initiatives telles que RizHome, l’entreprise derrière la maison en roseaux de Saint-Nolff, apparaissent pourtant petit à petit en France.
L’entreprise RizHome a été créé en 2015 par Mireille Avril, ingénieure bâtiment dont l’ambition est de développer la filière roseau en Bretagne.

Les intérêts d’utiliser cette plante aquatique dans le bâtiment sont en effet nombreux. D’abord, sa résistance à l’eau et à l’humidité en fait un très bon isolant et revêtement extérieur. A l’instar du chanvre ou du miscanthus, les roseaux poussent vite, se renouvellent tous les ans, et sans intrant chimique. C’est un matériau léger, et surtout, local, favorisant les ressources et le savoir-faire sur le territoire.
La structuration d’une telle filière passe par plusieurs étapes : identifier les gisements et ressources mobilisables, organiser l’ensemble de la chaine de transformation, de la récolte de la plante au produit fini, fédérer et former les acteurs autour de cette nouvelle offre. Un travail de long haleine mais dont la volonté de quelques uns constituera sans doute le point de départ d'une nouvelle démarche locale pérenne.

Nous souhaitons longue vie à RizHome, et espérons voir ces maisons se développer sur le territoire breton !