La biophilie, ou l'art d'inviter la nature dans nos espaces intérieurs

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Le concept de biophilie ne vous évoque rien ? Vous l’avez pourtant déjà expérimenté. Appliqué au secteur du bâtiment, ce terme fait référence à une conception architecturale favorisant une reconnexion avec notre environnement naturel. Autrement dit, il s’agit de repenser notre habitat pour y intégrer des éléments naturels, ou tout du moins des éléments qui évoquent la nature. Lien matériel avec celle-ci, variabilité thermique, lumière diffuse... plusieurs modèles de conception biophilique nous amènent aux dernières tendances dans le bâtiment, que ce soit la conception bioclimatique ou le bâtiment frugal, pour ne citer quel celles-ci.
C'est pourquoi chez Karibati, ce concept résonne comme un champs d'action potentiel pour les matériaux biosourcés.

Revenons rapidement aux origines de ce concept : la biophilie est initialement inventée et définie par le psychanalyste E. Fromm comme "l’amour passionné de la vie et de tout ce qui vit". En 1984, le biologiste E.O. Wilson reprend le terme pour mettre en avant le besoin inné de l’homme de s’intégrer au monde naturel. À ce jour, bon nombre d'études scientifiques démontrent les effets bénéfiques d'un contact prolongé avec la nature sur le bien-être, la santé, la productivité, etc...

Malgré cela, un constat subsiste : nous passons la majeure partie de notre temps à l'intérieur des bâtiments, dont la plupart nous éloigne de la nature alors même que ce besoin de reconnexion à celle-ci s'impose à nous. Voilà pourquoi nous pouvons supposer que la conception biophilique des bâtis occupera une place déterminante dans le futur.

Comment se traduit la conception biophilique dans le bâtiment ?

La conception biophilique peut prendre une myriade de formes au sein de l'habitat, mais retenons pour simplifier trois grands principes :

La nature dans l'espace, que ce soit la végétation, le chant des oiseaux, l'air, la lumière, l'eau...

Les analogies naturelles, c'est à dire tout ce qui peut évoquer la nature, que ce soit par le biais de couleurs, de formes ou de structures...

La nature de l'espace, en d'autres termes une configuration du lieu s'assimilant à un environnement naturel, où l'on pourrait se réfugier, surveiller, s'évader...
Les matériaux biosourcés, associés à des conceptions architecturales émergentes, semblent donc avoir leur place dans la mise en œuvre de la biophilie. En termes d'aménagement intérieur, bien des ressources pourraient être mises à contribution d'un design biophilique : le bois, déjà très utilisé, mais aussi le bambou, le chanvre, les roseaux, la tige de bananier, le liège, etc... Il est tout de même important de noter que les matériaux biosourcés sont souvent intégrés en structure des bâtiments, et plus rarement utilisés à des fins esthétiques. Leur comportement hygrothermique, lié à la matière même qui les constitue, pourrait cependant répondre subtilement à un des principes de la biophilie.
Enfin, que ce soit visuellement ou au toucher, les produits biosourcés génèrent un mieux-être par rapport à leurs homologues conventionnels... un artisan converti aux matériaux biosourcés vous le certifiera !

Il nous apparait tout de même évident que l'intégration de matériaux biosourcés seule ne peut permettre d'atteindre une conception biophilique optimisée. Cependant, le recours aux biosourcés s'associe spontanément à une approche globale de la conception des bâtiments qui allie performance environnementale et confort. Ce qui, nous semble t-il, constitue les bases de la conception biophilique.
Sources :

Kellert, S. and Calabrese, E. 2015. The Practice of Biophilic Design. www.biophilic-design.com Browning, W.D., Ryan, C.O., Clancy, J.O. (2014).

14 Patterns of Biophilic Design [14 Modèles de conception biophilique]. New York: Terrapin Bright Green LLC (2016)