La dynamique R&D autour des matériaux biosourcés

Karibati anime depuis plus de 1 an la communauté scientifique des biosourcés pour la construction. Cette communauté qui regroupe une soixantaine d’acteurs est un lieu d’échange et de discussion entre acteurs de la recherche publique, de la recherche privée et les filières biosourcées.

Afin de mieux évaluer la dynamique R&D sur le sujet des biosourcés pour la construction, une enquête a été administrée auprès des membres de cette communauté scientifique. Une quarantaine de structures de recherche ont été sollicitées (laboratoire, centres techniques, universités…), et vingt ont répondu.

Ce dossier vous présente les grands enseignements de cette enquête.

D’un point de vue très global, sur le nombre des travaux de recherche réalisés, 240 ont fait l’objet de travaux de thèse et d’articles scientifiques publiés. 69 ont été menés dans le cadre de projets industriels et 18 ont conduit à de dépôts de brevets.

Dynamique de recherche :


Pour 75 % des laboratoires interrogés, l’activité de recherche autour des matériaux biosourcés est en croissance linéaire ou exponentielle. Seulement 1 interrogé sur 20, juge l’activité de son laboratoire en décroissance sur la thématique des matériaux biosourcés

Moyens dédiés :


Sur le graphique ci-contre, on peut voir qu’une majorité de laboratoires ont dédié une unité de recherche aux matériaux biosourcés. Dans une moindre mesure, les laboratoires en dédient 2, 3 ou 4 unités. Enfin pour deux laboratoires, aucune unité de recherche n’est dédiée en plein temps aux matériaux biosourcés. Dans ces unités, une moyenne de 5,33 chercheurs/doctorants/post doctorants travaillent sur la thématique des matériaux biosourcés. Le quota de personnes oscille entre 1 et 10 au sein des unités de recherche.

Bioressources étudiées :


Ce graphique nous donne une idée des bioressourses faisant l’objet de travaux de recherche. Le bois et le chanvre arrivent en tête avec une proportion de 13 à 16 % d’études sur l’ensemble des matériaux biosourcés considérés. Le lin, le papier recyclé et les pailles de céréales suivent et oscille entre 8 et 10 % d’études réalisées sur ces bioressources. (Autres : torchis, autres plantes locales, déchets de palmiers dattiers, sorgho...)

Produits étudiés :


La majorité des recherches concernent les isolants biosourcés et les bétons biosourcés. On constate aussi de nombreux travaux sur les composites alors que ces derniers sont encore peu utilisés dans le bâtiment.
(Autres : parois multicouches, bois d’œuvre...)

Caractéristiques étudiées :


La majorité des projets de recherche se focalise sur le comportement hygrothermique et les propriétés thermiques du matériau. Ce résultat est en adéquation avec les réponses précédentes car la grande partie des études est consacrée aux isolants et bétons biosourcés. (Autres : ACV, impacts sanitaires, compétitivité économique, relation produits/procédés, résistance micro-organisme, comportement hydromécanique...)
En conclusion, la dynamique de recherche et développement sur les biosourcés pour la construction est réelle, le nombre de travaux de recherche et les moyens dédiés en témoigne.

Toutefois, ces recherches sont menées sur des périmètres restreints, en effet, elles concernent principalement les isolants et les bétons biosourcés et s’intéressent majoritairement aux propriétés thermiques et hygrothermiques de ces matériaux.

Le champ d’investigation, tant en termes de matériaux / produits que de thématique de recherche reste encore très largement ouvert, par conséquent le potentiel d’innovation autour des biosourcés pour la construction est une réalité qui nécessite un accompagnement spécifique.